Situation des galgos en Espagne

 

 

 

 

Pour comprendre le problème des galgos , il faut savoir qu’en Espagne, la chasse au lièvre avec des lévriers est une tradition ancestrale , et chaque chasseur élève ses lévriers pour les utiliser , au même titre qu’un outil de chasse. 

 

À la fin de chaque saison de chasse en Espagne, ce sont des milliers de ces doux et magnifiques chiens qui sont, comme chaque année, sacrifiés, abandonnés, tués par pendaison lente (selon la méthode du pianiste), brûlés vifs, mutilés, et pire encore. 
Les plus chanceux sont recueillis par les refuges, qui doivent faire face à un afflux massif de chiens, souvent nécessitant des soins, et engendrant par là même des frais conséquents . 

 

Les autres finiront agonisants dans un coin, ou récupérés par la Garde civile et portés dans les « perreras », fourrières insalubres où ils seront gazés au bout de 14 jours, période légale d’attente, sans aucun soin (parfois avec des membres brisés ) et sans aucune chance d'être proposés à l'adoption. 

La maltraitance qui accompagne les abandons est liée à l’orgueil, car un chien qui a mal chassé déshonore son propriétaire, et cet affront doit être lavé par le sang, d’où une mort lente et dans la souffrance... 

 

 


 

 

Nous avons créé une page afin de vous montrer les cas les plus durs que Galgos France ou ses partenaires espagnols ont pris en charge... Certaines photos peuvent être choquantes mais elles montrent la dure réalité des chiens en Espagne...

 

Si vous souhaitez voir ces photos cliquez ICI

 


Voici un texte écrit par Kaly, notre déléguée, qui retrace la vie triste mais banale d'un galgo né en Espagne... Merci à elle d'avoir écrit ce texte qui décrit tellement bien la vie de beaucoup d'entre eux...

 

Ce texte peut être diffusé et servir à faire connaitre le sort des galgos et podencos en Espagne. Nous vous demandons simplement de garder le nom de son auteur afin de respecter son travail...

                           Moi Galguito, naissance, vie et ....

La lumière, les odeurs, la chaleur ...

Ce sont les premières découvertes que j'ai faites.
La lumière fut la première, je l'apercevais, mais avais du mal à l'atteindre. Que le chemin fut long et fatiguant !

Puis vinrent les odeurs, pleins, partout, tellement différentes. Certaines agréables, attirantes, d'autres moins … certaines m'effrayaient même ...
Mais parmi toutes ces odeurs, une m'attira particulièrement, elle était si douce, si rassurante.
Je m'en approchais à tâtons, mes yeux n'étaient pas encore ouverts.

En suivant cette odeur, je découvris la chaleur. Cette chaleur dans laquelle on se sent si bien, rassurante, aimante, celle de ma maman ...
Je me sentais tellement bien blottis entre ses pattes, m'entourant de tout son amour.

Je ne me doutais pas alors que ces instants de bonheur seraient très courts, trop courts...

Je grandis très vite, ainsi que mes frères et soeurs, enfin, ceux qui eurent la "chance" de survivre …
Deux d'entre eux moururent très tôt.
L'endroit où nous vivions était très sombre, humide et froid, maman avait peu de lait pour nous nourrir, seuls les plus forts survécurent.
Elle-même avait peu à manger, elle se contentait des quelques morceaux de pain que lui jetait "l'homme".

Nous ne le voyions pas souvent, mais maman était tétanisée quand elle l'entendait arriver.
Elle se blottissait contre nous et tremblait de tout son corps, nous avions peur nous aussi ...

Nous avons ainsi continué à vivre notre vie de chiots, avec notre maman qui nous apprenait la vie, notre vie ...

Un matin, très tôt, nous entendîmes le bruit d'un moteur. Maman était à l'affût. Je la sentais à la fois inquiète et impatiente, que se passait-il ?
L'homme ouvrit la porte et nous ordonna de sortir.
Maman s'exécuta immédiatement et s'engouffra dans le véhicule qui se tenait devant la porte.
Mes frères et moi ne savions quoi faire ... L'homme nous fit signe de monter, en criant, maman jappait pour nous encourager. Nous sommes donc montés.

Après une longue route, le véhicule s'arrêta, enfin.
Nous descendîmes dès que les portes s'ouvrirent, maman était cette fois très excitée, nous ne l'avions jamais vue dans cet état !
Mais lorsque toutes ces odeurs nouvelles vinrent chatouiller nos narines, nous étions dans le même état d'excitation.
Le gibier ! Nous y étions enfin ! Nous sentions ces odeurs sur nos compagnons, mais pour nous c'était la première fois.
Maman, se mit à pister un animal, sa queue battait très vite, nous nous mîmes à renifler le sol, pleins d'odeurs partout, nous partions dans tout les sens.
Tout à coup, maman partit comme un éclair, les autres la suivirent.
ça y est, la partie démarrait enfin !

Les "grands" partirent très vite, nous essayions de les suivre en courant le plus vite que nous pouvions.
Nous les voyions filer tel le vent dans la plaine, on aurait dit qu'ils volaient, leurs pattes touchaient à peine le sol.
Un jour je courerais aussi vite qu'eux !
Nous nous sommes vite essoufflés, perdant le rythme régulièrement pour retrouver leur trace.
A la fin de la journée, les grands ramenèrent 4 lièvres, nous pas un seul ...

Mais ça viendrait, ce n'était que notre première sortie, nous aussi deviendrions de redoutables chasseurs !

De retour au chenil, deux grands manquaient à l'appel. On s'est dit qu'ils s'étaient sûrement égarés et qu'ils reviendraient bientôt. Mais nous étions trop épuisés de notre journée pour nous attarder sur leur sort.
Nous ne les revîmes jamais ...

Nous étions maintenant de grands et beaux galguitos, en grandissant, nous allions de plus en plus souvent à la chasse, il nous fallait aiguiser notre flair, affiner notre course, apprendre à devenir les meilleurs.
Nous aimions beaucoup ça, nous pouvions courir, sauter, nous étions libres !

Un soir, rentrant d'une de ces parties de chasse, l'homme semblait très en colère.
Il nous fit descendre du véhicule un par un.
Chacun a reçu son lot de coups ... Il arrivait très souvent qu'il nous lance un ou deux coups de pied, mais cette fois c'était différent.
Il s'acharnait.
Il nous attrapait, nous jetait au sol, nous mettait coups de poing, coups de pied …

Maman descendit en dernier. Nous avons bien crû qu'il allait la tuer ... Elle hurlait de douleur.
Nous l'entendions hurler, nous pleurions, mais ne pouvions rien faire ...
Quand enfin il s'arrêta, il la jeta dans le chenil, inerte, inconsciente.
Nous léchions ses plaies, nous couchions contre elle pour la réchauffer, comme elle le faisait quand nous étions chiots, elle tremblait tellement ...
Elle refusait de se nourrir, ne reprenait pas de force, elle était à bout, n'avait plus envie de se battre, elle se laissait mourir ...
Il ne fallut que quelques jours pour qu'il en soit fini pour elle ...

Maman, notre maman, qui avait toujours prit tellement soin de nous, qui était si forte, si courageuse, elle n'était plus là, nous étions seuls ...

Le lendemain, l'homme vint au chenil. Trouvant le corps sans vie de maman, il jura en lui mettant un coup de pied, encore un, comme si elle n'en avait pas reçu assez ...
Il nous ordonna alors de monter dans le véhicule.
Chasser ? Nous n'en avions pas envie du tout aujourd'hui ... Nous montâmes tout de même, pas le choix ....

Il jeta sur le siège avant plusieurs cordes.

Le voyage fut long, plus long que d'habitude.
Au moment de sortir, il nous fit descendre un par un, nous étions très excités, et aboyions en attendant notre tour.

Un cri, déchirant, nous fit taire immédiatement.
Nous n'avions jamais entendu de hurlement comme celui-ci, déchirant oui, horriblement déchirant ...
La porte du véhicule s'ouvrit à nouveau, cette fois, nous n'étions plus pressés de descendre, nous nous étions blottis les uns contre les autres dans le fond du véhicule.
Coûte que coûte, l'homme nous attrapa un par un et nous fit sortir du véhicule.
Puis vint mon tour, je fus le dernier.
Il me passa une corde autour du cou.

Je refusais d'avancer, mon instinct bloquait tout mes membres, il m'ordonnait de ne pas avancer.
Mais il me trainait, je me débattais de toutes mes forces, mais rien n'y faisait, mes pattes glissaient sur le sol, centimètre après centimètre, il me faisait avancer ...

Nous étions dans une forêt, dense et épaisse, des centaines d'arbres et de buissons nous entouraient.
Beaucoup d'odeurs ici aussi, mais une ressortait au dessus de toutes les autres, l'odeur de la peur, de l'angoisse, de la mort …
Nous arrivâmes au pied d'un arbre, l'homme s'arrêta, j'étais aplatit sur le sol à force d'essayer de reculer, mes pattes me faisaient mal.

Je levais un instant la tête, je n'aurais pas dû...

Mes frères étaient là, pendants chacun au bout d'une corde, accrochés aux branches des arbres.
L'un d'eux se débattait encore, les autres ne bougeaient plus ...
Pourquoi ??? Qu'avions nous fait de si mal pour mériter ça ???

L'homme déroulait la corde tout en s'éloignant de moi, je n'essayais même plus de fuir, j'étais pétrifié par ce que je voyais, le peur me paralysait.
Il passât la corde par dessus la branche d'un arbre et tira ...
je glissais encore sur le sol, j'écartais mes pattes pour ralentir mon avancée, j'avançais tout de même ...
Mes pattes avants décollèrent du sol, mon cou s'étira, ça faisait mal, tellement mal ...
J'essayais de me débattre, tout les os de mon corps craquaient au fur et à mesure que je m'élevais dans les airs ...
Mes pattes arrières touchaient maintenant à peine le sol, j'avais de plus en plus de mal à respirer, je suffoquais.

Je vis l'homme s'éloigner, remonter dans sa voiture et partir, me laissant là, face à une mort lente et douloureuse ... Pourquoi ? je ne le saurais jamais ....

Mon frère, le dernier encore vivant ne bougeait presque plus, il suffoquait, son corps parcourut de spasmes ...
"NON ! Résistes, bats toi !! Ne meurs pas, s'il te plait, ne me laisses pas !!" Essayais je de lui dire. Il gémit, tout son corps se raidit dans un dernier souffle, c'était déjà trop tard ...

Je manquais d'air, de plus en plus, cette corde m'entaillait la chair, je sentais mon coeur battre dans ma tête. J'avais cessé de me battre, c'était inutile ...
Ma vue se brouillait, le froid m'envahissait, la fin était proche. Je me souvenais du visage de maman, si doux ... Je n'avais pas encore atteint ma première année que j'allais déjà mourir ...

NON !!! Je ne voulais pas mourir, pas maintenant, pas encore !!

J'allais chercher au plus profond de moi les dernières forces que je pouvais trouver et me mit à tordre mon corps dans tout les sens.
La douleur de cette corde autour de mon cou était horrible, plus je bougeais, plus elle pénétrait ma chair.
"Crac" ! En l'espace d'une seconde, je me retrouvais par terre ! La branche avait cédé, la chance ne m'avait pas abandonnée.
Je restais au sol de longues minutes, complètement sonné.

Une fois mes forces un peu revenues, je tentais de me libérer de la corde et de la branche.
J'essayais en tirant en arrière, essayant de sortir ma tête de la corde, mais ça faisait trop mal ...
Je pensais alors à ronger la corde. Oui ! ça y est, je suis libre !

Je jette un dernier regard à mes frère, c'est ici que nos chemins se séparent ... A peine un an, et déjà morts, en ayant de plus connus tellement de souffrances ...
Qu'avons nous fait de si mal pour mériter ça ?...
Adieu mes frères ...

Je pars en courant de cet endroit, espérant ne jamais y revenir.
Je cours, droit devant, le plus vite que je peux, je sens que je suis faible, mes forces vont vite m'abandonner, cela faisait plusieurs jours que l'homme ne nous avait pas nourri, je ne vais pas tenir longtemps à ce rythme.
Je ralentis aux abords d'un champ pour chercher de quoi me nourrir.
Je renifle le sol, comme maman m'a apprit.

Maman ... oh maman, tu me manques tant ... Tu aurais su quoi faire toi ...

Je dois me débrouiller, je dois trouver seul de quoi survivre, je n'ai pas le choix.
Je ne vais pas trouver grand chose malheureusement, juste deux petits mulots ... pas grave, je trouverais mieux la prochaine fois.
Je reprend mon chemin, trottant à travers champs.

Parfois, entre 2 champs, je traverse des sortes de bandes noires, le sol y est dur et très chaud.

Je croise des maisons sur mon chemin, je ne m'en approche pas, il y a des hommes dans les maisons, ils sont mauvais …
J'ai soif, j'ai faim, je suis fatigué, mais je dois continuer, je dois partir le plus loin possible.

J'approche d'une de ces bandes noires, celle-ci est plus grande que les autre, elle fait beaucoup de bruit.
Des voitures, des dizaines de voitures, elles vont vite, mais je dois traverser, je dois passer de l'autre côté.
Je prend une longue inspiration, et je fonce !

Un bruit strident, un choc violent, et plus rien ... le noir, le silence, les ténèbres.
Je sombre ...

J'ouvre les yeux, tout est flou autour de moi, j'ai froid, je tremble, comme maman avant de mourir ... Vais-je mourir moi aussi ?
J’entends des voix, mais elles sont loin, je les distingue à peine. Je sens quelque chose de doux parcourir mon corps, c'est agréable.
Les voix se font plus claires, plus proches, je tente de relever la tête, mais quelque chose m'empêche de bouger.
Une main ! c'est un homme qui est près de moi, qui me touche ! Il va me tuer, je ne dois pas rester là !

Mais je suis incapable de bouger. L'homme me parle encore, me dit de me calmer, que tout va bien se passer. Sa main me caresse, m'apaise ...
Il caresse délicatement ma tête, il me dit qu'il va s'occuper de moi. Que se passe-t-il ?
Je le regarde, cet homme est bizarre, il a les cheveux longs, un sourire doux, un regard ... plein de larmes ... Pourquoi pleure-t-il ?
Pourquoi ai-je le sentiment que je n'ai rien à craindre de lui. Ma peur s'en va petit à petit, je me blottis contre lui. Je me dis à cet instant que peut-être tout les hommes ne sont pas mauvais ...

On ne peut pas pleurer sur un galgo renversé au bord d'une route et être mauvais ?...
Non, on ne peut pas. Mon instinct me le dit.

Des mois se sont écoulés depuis mon accident, l'homme, qui, je l'apprendrais plus tard était en fait une femme, a prit grand soin de moi.
Elle m'a emmené chez le vétérinaire, m'a fait soigner, et m'a gardé auprès d'elle.
Plus de chenil, plus d'obscurité, de froid, de coups ...

Non, à la place, j'ai maintenant une maison, un endroit douillet où dormir, de la nourriture tout les jours, et, de l'amour, beaucoup beaucoup d'amour.
Je n'avais plus connu ce bien être depuis maman ...

J'ai appris que l'humain peut être bon, il s'agit juste de tomber sur le bon ... Sur l'ange tombé du ciel qui croisera un jour votre route.

Gardez espoir mes frères, ces anges sont plus nombreux que vous le pensez.
Ils sillonnent les routes pour voler à votre secours.

N'ayez pas peur, ils vous aiment déjà ...



Texte écrit par Karine Barkallah (Kaly)