A un survivant du mouroir espagnol...

Je te regarde mon galgo.

Tu viens d’arriver à la maison, épuisé par deux jours de voyage, désorienté, apeuré, méfiant. Tu laisses derrière toi deux ans et demi d’une vie de galgo, synonyme de calvaire journalier : la faim, la soif, les coups, les injures, la peur. Tout cela pour finir abandonné, attaché sans eau, ni nourriture pendant deux longs jours, sous le regard de passants indifférents…


Puis tu as subi une nouvelle torture : l’incarcération dans une perrera. Oui, je te regarde, le cœur serré et pourtant l’âme en joie. Pour toi, la roue a tourné, enfin ! Tu as été baptisé Felipe par les bénévoles du refuge de Zaragoza. Elles sont allées t’arracher à la fourrière, autre lieu de misère : chiens de toutes races, entassés par dizaines dans des cages à l’odeur pestilentielle, - à quoi bon se donner la peine de nettoyer ? Pourquoi se donner la peine de respecter ne serait-ce qu’un peu cette meute vouée à une mort certaine ? – Qu’ils piétinent dans leur urine et leurs excréments, pas de quoi se laisser attendrir ! Chiens faméliques, affamés, assoiffés ! – pourquoi nourrir, abreuver des animaux qui seront euthanasiés sous peu ? Regards perdus, implorants, pattes qui griffent vainement les barreaux des cages immondes.


Puis est venu le refuge. Tu étais si faible, que tu ne tenais plus sur tes pattes. Tu étais si désespéré, si choqué, que tu te laissais mourir.

Je te regarde mon galgo, si maigre, qui ne réponds pas au nom que t’ont donné les bonnes fées qui t’ont sorti de l’enfer. Un nom : sais-tu seulement ce que c’est ?Il est plus que probable que ton galguero ne t’en a jamais donné. Ton histoire, tu en racontes des moments à ta façon : un geste un peu brusque, et voilà que tu t’enfuis à l’autre bout de la pièce. Ton pauvre corps efflanqué en narre aussi une infime partie : constellé qu’il est de petites plaies, cicatrisées ou en passe de l’être.

Je te regarde galgo et je te dis : tu es arrivé au port, mais tu ne le sais pas encore. Tu as une place dans mon cœur, bien au chaud, bien au sec, bien au tendre, mais tu ne le sais pas encore. Ici, les mains sont dispensatrices de caresses, de câlins, pas de coups, mais tu ne le sais pas encore.

Les pieds sont faits pour marcher, courir, pas pour frapper, mais tu ne le sais pas encore.

Je te regarde mon galgo. Et voilà que tu lèves un peu la tête vers moi, tu renifles timidement ma main, tu me regardes.

Ici, tu vas désapprendre le malheur d’être né galgo en Espagne. Ici, tu vas apprendre que la vie peut-être belle et douce. Mais cela, tu ne le sais pas encore.

Galgo, tu es un survivant. Galgo, je t’aime. Felipe, Felipe ! Je serine ton nom. Oui, c’est ton nom, même si tu ne le sais pas encore. Je te parle Felipe. Tu m’écoutes et je pense à tous ceux qui sont restés là-bas, parmi des gens à la férocité sans pareille, à tous tes semblables, tous les laissé- pour-compte, qui n’ont jamais eu, ni n’auront jamais ta chance.

 

C’est pourquoi le courrier qui suit va être adressé à l’ambassadeur d’Espagne. Merci à vous tous de le lui faire parvenir à votre tour, soit par mail, soit par la poste.


Si je puis faire une suggestion : le courrier traditionnel laisse une trace physique. En revanche, il suffit d’un clic pour qu’un mail s’efface sans laisser de traces, à l’instar des milliers de galgos sacrifiés chaque année au nom d’une tradition barbare ! Quelques minutes de votre temps, une feuille de papier, une enveloppe et un timbre. C’est simple comme un acte d’amour, non ? Et, nous comptons aussi sur vous pour faire circuler cette pétition. Merci, merci, merci.


Extrait de la pétition adressée à l’ambassadeur d’Espagne


« … pourquoi l’Espagne, pays très catholique, qui comprend un grand nombre de croyants pratiquants, permet-elle que l’on maltraite de si affreuse manière la gent animale ? Je pense au sort barbare réservé aux galgos notamment : au nom de la tradition, des milliers d’entre eux sont sacrifiés chaque année de la plus horrible façon qui soit : la torture ! Brûlés vifs, forcés à ingérer de l’acide, abandonnés les membres brisés, pendus de façon à ce qu’ils agonisent atrocement le plus longtemps possible, etc. etc. La liste est interminable. Mais, je suppose, monsieur l’ambassadeur, que je ne vous apprends rien »…. Le texte complet, c’est ici…

 

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Commentaires : 18
  • #1

    Roques Bernadette (lundi, 12 novembre 2012 15:45)

    Cette lettre relate bien toutes ces horreurs qu'on en peu plus de voir d'entendre de penser à chaque instant qu'un pauvre être si merveilleux est en train de souffrir, mourrir.
    Arrêtez merveilleux pays qu'est l'Espagne de laisser faire ces NAZIS oui ces NAZIS

  • #2

    hainaut isabelle (lundi, 12 novembre 2012 19:29)

    message très émouvant
    j'aurais voulu avoir le texte complet pour en faire
    le plus possible d'exemplaires et les envoyer par courrier mais lorsque je clique sur le lien j'arrive sur'archive-hast.com'? on me demande de m'inscrire...n'y aurait-il pas un autre moyen pour simple? merci

  • #3

    Julieta (lundi, 12 novembre 2012 19:56)

    Es imposible describir mejor la vida y tortura que sufren los galgos en España..En especial siento que Felipe le ha contado su pasado, los dos se han comunicado a la perfeccion, con miradas, gestos e incluso lamentos.. Desde una tremenda emoción solo puedo dar las gracias por proporcionar a mi querido Felipe una vida feliz y tranquila y sobre todo un GRAGIAS gigante por devolver su dignidad.

  • #4

    Association Galgos France (lundi, 12 novembre 2012 20:02)

    Isabelle, il y a eu un petit souci sur le lien ... c'est réparé !

  • #5

    élise (lundi, 12 novembre 2012 22:04)

    super, mais ne pas oublier les PODENCOS ! pour eux aussi, c'est l'enfer.

  • #6

    isaelys (lundi, 12 novembre 2012 23:13)

    Magnifique texte, très touchant!! Tu as de la chance, Felipe, d'être adopté par une famille qui comprend qu'il te faut du temps pour panser tes blessures physiques et psychologiques!! Prenez bien soin de ce loulou et merci à vous de votre engagement!! J'envoie un courrier à mon tour!!Je rejoins Elise, pensez aux podencos qui sont exterminés car personne ne les regarde! Ils sont magnifiques, câlins, drôles et très attachants!! Il y en a beaucoup en accueil en France qui attendent désespérément une adotion (Armani, Dalila, Faber, Jane, Ella et leurs copains), ne les oubliez pas une seconde fois ces invisibles!!

  • #7

    La Patt (mardi, 13 novembre 2012 11:33)

    Les larmes aux yeux de lire votre si beau message d'amour pour Felipe et les autres ...Je vais faire cette lettre et l'envoyer....et je vais en distribuer ce mail à mes contacts...merci..

  • #8

    durrieu sigrid (mardi, 13 novembre 2012 13:22)

    ok j'imprime la lettre et je l'envoie.

    Merci à la maman de Felipe pour ce beau texte d'amour.

  • #9

    CORINNE 168 (mardi, 13 novembre 2012 13:59)

    Bonjour,
    Le texte est très très beau. Merci beaucoup. Je prends ma plus belle plume pour écrire et envoyer la lettre à l'ambassadeur d'Espagne. promis.

  • #10

    michèle78 (mardi, 13 novembre 2012 18:52)

    J'ai lu et apprecié ce beau cri d'amour !
    Envoyé ce jour courrier à l'ambassadeur d'Espagne.

  • #11

    fred47 (mercredi, 14 novembre 2012 11:22)

    voilà un très beau texte qui relate bien la réalité. C'est vrai que les mails peuvent s'effacer mais ils peuvent aussi encombrer les boîtes et, lettres ou mails, ils faut les envoyer en effet....

  • #12

    Françoise 26 Drôme (mercredi, 14 novembre 2012 16:28)

    Imprimée et envoyée

  • #13

    nicoletta (jeudi, 15 novembre 2012 19:31)


    Il est impossible de décrire mieux la vie des lévriers en Espagne et les tortures qu’ils subissent. Je sens que Felipe, tout spécialement, a raconté son passé. Tous les deux (son adoptante et lui) ont communiqué à la perfection à l’aide de regards, de gestes , y compris de pleurs. Après une terrible émotion je ne peux que remercier de fournir à mon Felipe chéri une vie heureuse et tranquille et surtout un merci géant pour lui avoir rendu sa dignité.

  • #14

    nicoletta (jeudi, 15 novembre 2012 19:33)

    Il s'agit de la traduction du texte de Julieta de zaragoza

  • #15

    Charlene - EMMA (lundi, 19 novembre 2012 16:26)

    Quel texte émouvant .. On reconnait tous son galgo (ou podenco ) dans votre texte...
    Dès demain j'écris également à l'ambasadeur !
    Je vous souhaite plein de bonheur avec votre Felipe, et vous verrez, vous serez rempli de nouvelle émotions quand petit à petit ils se mettent à jouer, se roulent dans l'herbe ou vous montre le ventre pour se faire gratouiller :)

  • #16

    GOHIN (mardi, 11 décembre 2012 18:59)

    un geste un seul en faveur des chiens et en particulier des galgos celà ne devrait pas poser de problème et celà sauverait combien d'animaux pourquoi ne réagissez vous pas ? pourquoi cautionnez vous ce massacre quelle image donne votre pays devant de tels comportements

  • #17

    viltard marie-hélène (mardi, 18 décembre 2012 03:26)

    Bonsoir,
    Immpossible d'avoir le texte en entier,lorsque je veux ouvrir je suis bloquée par un refus sans autorisation.Pourriez vous me l'envoyer par simple courrier poste ou par mail personnel, que je puisse en faire des photocopies pour mon entourage afin de l'envoyer au plus vite.N'oubliez pas l'adresse ou expédier cette pétition.Merci, c'est tellemnt important pour essayer de faire changer cette barbarie.Voici mes coordonnées:
    marie.lilene@gmail.com ou Mme Viltard 76 rue du maréchal Lyautey 10100 Romilly sur seine.

  • #18

    domi89 (mercredi, 19 décembre 2012 16:17)

    Bonjour Marie-Hélène,
    Je prends connaissance de votre message aujourd'hui. Je ne sais pas s'il a été donné réponse à votre demande. Dans le doute, je vous envoie le texte de la pétition. Merci pour engagement.