"Les animaux dans le projet divin" Texte de Dominique PELLETIER

LES ANIMAUX DANS LE PROJET DIVIN

 

« C’est à vous, tous ces chiens ? Ouh la la !! »

 

Combien de fois l’ai-je entendu, cette remarque, lorsque je promène mes quatre toutous dans la campagne ! Et le ton n’est pas toujours aimable, loin de là. J’ai pris l’habitude de répondre avec une légèreté feinte :

 

« Eh oui ! Que voulez-vous, tant qu’il y aura des hommes pour les maltraiter ou les abandonner, il faudra bien qu’il y en ait d’autres pour les sauver ! »

 

Et je m’éloigne avec un sourire forcé pour cacher la colère que je ressens, précisément, vis-à-vis de ceux qui ont fait du mal aux animaux que j’ai pris sous ma protection, sans parler des millions d’autres qui souffrent encore…

 

Pourtant, si Dieu a mis les animaux sur terre, il y a bien une et même des raisons ! La création est une œuvre si bien pensée, quoi qu’en disent certains, que leur présence autour de nous ne peut être due au hasard. D’ailleurs, le hasard n’existe pas ! Ou alors, comme on a pu le dire, c’est le nom que Dieu se donne quand il veut passer incognito ! Mais revenons à nos moutons –enfin, pas seulement !

 

L’animal, de tous temps, a côtoyé l’homme de près ou de loin. Les peintures et sculptures préhistoriques en témoignent largement. Aujourd’hui, il est toujours là, en moins grand nombre pour certaines espèces que l’humain irrespectueux a fait disparaître (ou qui vont disparaître), en plus grand nombre sans doute quant aux animaux dits familiers, c'est-à-dire qui partagent la vie d’une famille.

 

L’homme a toujours dévolu un rôle bien précis aux animaux qu’il chassait, dont il faisait la conquête ou qu’il apprivoisait. Il s’agissait, et il s’agit toujours, en premier lieu de se nourrir. Que dire à cela ? La chaîne alimentaire existe, l’homme en fait partie, c’est ainsi. Et même si des humains de plus en plus sensibles au respect de la vie animale se tournent vers des protéines végétales –je me dirige moi-même vers ce mode d’alimentation- on ne peut reprocher aux autres de continuer à consommer de la viande ou de la chair animale. Le problème à résoudre avec urgence n’est pas de convaincre la population de devenir végétarienne mais d’exiger des conditions d’élevage et d’abattage dignes et respectueuses des créatures qui partagent notre planète.

 

Mais l’animal n’a pas été que nourriture pour l’homme. Le cheval l’a porté et le porte encore, l’a conduit à la conquête de nouveaux territoires, à la guerre (hélas), et de manière générale lui a permis de se déplacer plus vite et plus loin. Il a également tiré des convois de toutes sortes, tout comme les bœufs, participant ainsi grandement aux travaux de l’agriculture. Les moutons réchauffent l’homme de sa laine et les vaches lui donnent à boire son lait. Depuis des millénaires, les chats, quant à eux, le débarrassent des souris qui pillent ses greniers et les chiens gardent ses biens. Le rôle de ces derniers s’est même diversifié puisqu’aujourd’hui, ils sont capables de repérer de la drogue dans les bagages des voyageurs, de sauver skieurs et baigneurs, de retrouver des enfants perdus et de seconder efficacement aveugles et handicapés. Cette liste rapide des animaux domestiqués et familiers n’est certes pas exhaustive. Mais passons à présent aux animaux sauvages. Il y a tant d’espèces différentes que les recenser serait bien trop long ! Contentons-nous de cueillir dans notre mémoire quelques images magnifiques de guépards courant dans la savane, d’éléphants majestueux s’abreuvant au marigot côte à côte avec de fines gazelles, de baleines émettant leur chant envoûtant, de pingouins si gauches et si attendrissants claudicant sur la banquise, de flamants roses se posant sur les étangs de Camargue… On n’en finirait pas de s’émerveiller tant la faune terrestre est riche et infinie. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’aller si loin pour entrevoir la magnificence de cette part éminente de la création : regardons à nos pieds lorsque nous marchons sur un chemin ou dans un pré. Une vie parfaite et minuscule pullule et s’active devant nous. Il suffit de se baisser doucement et de faire silence. Un spectacle extraordinaire, alors, s’offre à nos yeux ravis, avec ses activités, ses rituels, ses codes et finalement son humble majesté.

 

Oui, les animaux, avec générosité, nous donnent tout cela et bien plus encore. Et l’homme ? Que lui donne-t-il en retour ? Hélas… Force est de reconnaître qu’il rend bien mal les cadeaux qui lui sont faits. Des chevaux sont maltraités, des truies exploitées jusqu’à la mort se reproduisent dans des cages si petites qu’elles ne peuvent s’y tourner pour mettre bas, des chiennes, entassées dans des cages métalliques minuscules superposées comme des étagères, fournissent inlassablement des portées de chiots qui se vendront (peut-être) s’ils ne sont pas morts avant tant les conditions de les transport sont exécrables. Des singes sont arrachés à leur milieu naturel pour peupler les laboratoires comme tant de chiens auxquels on coupe les cordes vocales pour ne pas entendre leurs cris de douleur. Les galgos (lévriers espagnols) qui ne « servent » plus subissent des sévices innommables, les requins sont rejetés à l’eau après qu’on leur ait coupé l’aileron, estropiés et promis à une mort certaine. Des rhinocéros se voient chassés et tués pour leur corne comme les éléphants pour leur ivoire. Les tigres, les bébés phoques, les lions et tant d’autres paient un tribut si lourd que bientôt ils disparaîtront de cette terre inhumaine. Si j’arrête ici cette liste épouvantable, ce n’est pas faute d’exemples mais pour ramener une lueur d’espoir dans nos cœurs lourds.

 

Devant un comportement humain si désastreux, on se demande quel mobile anime l’homme, le transformant ainsi en le plus redoutable des prédateurs ? Oh ! C’est simple, et il tient en un mot : le profit. Trop souvent, l’homme ne voit en l’animal qu’une opportunité à « faire de l’argent ». L’animal devient alors un simple outil de production, exploitable à merci et jetable dès lors qu’il ne peut plus servir. Et encore, je ne parle pas du pire : la torture jusqu’à la mort des taureaux lors des corridas, le double objectif étant le bénéfice financier, bien sûr, mais aussi l’assouvissement du plaisir pervers de faire souffrir.

 

Et pourtant… Si Dieu a mis les animaux ici-bas, c’est dans un but bien précis : aider l’homme à devenir meilleur. Comment ? Voici…

 

Les animaux familiers ou proches de l’humain nous prodiguent sans compter un amour inconditionnel. Peu leur importe que nous devenions vieux et laids, ou pauvres. Dans leur regard inchangé, nous sommes toujours les mêmes. Mieux que nous, ces modestes compagnons savent voir l’âme et non l’apparence. C’est leur première leçon. Si nous savions aimer comme eux, la planète entière se porterait mieux.

 

Les animaux sauvages, eux, nous offrent leur beauté. C’est loin d’être anodin. La beauté est le résultat d’une harmonie et cette harmonie pénètre notre cœur et fertilise notre âme. Il ne peut pas être mauvais, celui qui s’émeut devant le spectacle de la nature et de ses habitants. La beauté, l’harmonie nous conduisent en douceur à l’élégance morale, et c’est une autre leçon. Mais il y a plus…

 

Que seraient la banquise, les océans, les forêts, les déserts, les savanes et tous ces milieux si divers qui colorent la terre, sans les animaux qui leur donnent le mouvement et la vie ? Rien, des décors vides, un théâtre déserté. Dès lors, nous avons un rôle à jouer, nous aussi, nous surtout : préserver, respecter notre environnement, aimer la terre et en prendre soin. Encore une leçon…

 

Nos chats, nos chiens, nos oiseaux, nos chevaux, tous ces animaux qui vivent près de nous, avec nous, que nous enseignent-ils ? Le bonheur de donner. Tous ces êtres vivants sont fragiles : ils ont besoin de soin, de nourriture, d’attention. Ils nous amènent à être attentifs, généreux, prévenants, compatissants, autant de qualités essentielles aux relations humaines. Ils attendent de nous la fidélité, vertu aujourd’hui bien oubliée voire décriée. On le voit, nos animaux familiers requièrent et exercent en nous l’excellence, en un mot, ils nous apprennent à aimer. C’est leur plus grande leçon.

 

Oui, tous les animaux, sans exception, nous apprennent le plus important. Ils sont le catalyseur, en nous, du meilleur. Ils amènent nos qualités, parfois en germe, à croître. Respect, générosité, patience, prévenance, compassion, douceur, bonté, etc. sont des comportements transversaux que nous appliquerons à tout ce qui vit, humain, végétal ou animal. Même ces espèces un peu effrayantes, telles que les reptiles, par exemple, nous conduisent au respect de la différence, si utile dans nos sociétés bigarrées !

 

Pekas, minuscule chienne espagnole, a été recueillie par un automobiliste généreux, alors qu’elle errait, perdue et affamée, sur une route dangereuse. Un refuge l’a acceptée mais a dû trouver une famille d’accueil tant la pauvrette était terrifiée par les autres chiens. Surfant sur internet, j’ai croisé son regard… et j’ai craqué ! Je suis allée la chercher près de Bordeaux, puisque les membres dévoués de l’Association Galgos France l’avaient rapatriée ainsi que nombre d’autres chiens adoptés depuis la France. Aujourd’hui, elle est là, allongée contre moi, plongeant ses yeux dans les miens. Je sens son petit corps chaud et son cœur qui bat tranquillement. Elle me donne, du fond de ses iris bruns, toute la confiance du monde. Alors, en pensée, je lui parle : « Petite Pekas, comme je t’aime… Comme tu es belle, quel cadeau tu représentes pour moi… ». Alors, sa queue jusque-là immobile se met à battre. Elle n’a pas bougé, mais elle a capté l’amour que je lui envoyais et sans me quitter des yeux, à son tour, elle m’envoie toute l’affection dont elle est capable… Bonheur…

 

Oui, si Dieu a mis les animaux sur terre, c’est pour nous donner des maîtres en Amour. Puissions-nous, un jour, en être tous conscients ! Le monde, alors, se portera mieux et l’humain, enfin, élèvera ses vibrations. L’évolution passe inéluctablement par là. Et l’éternité est au bout…

 

Dominique PELLETIER

 

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Commentaires : 6
  • #1

    spirou (mardi, 16 avril 2013 21:44)

    Très beau texte.
    Je ne sais plus où j'ai lu cette phrase qui est malheureusement bien vraie : l'homme est un loup pour l'homme.

  • #2

    Béatrice24 (mercredi, 17 avril 2013 08:35)

    Un texte auquel je ne reste pas insensible tant il est vrai. Nous avons chacune et chacun un animal à nos côtés qui nous donne amour et fidélité et avec lequel nous avons une relation exceptionnelle tant nous savons leur donner autant qu'ils nous donnent. Vous c'est Pekas, moi c'est Laidy. Mais comment faire comprendre à d'autres que l'animal, quel qu'il soit est un être humain à part entière, qu'il souffre autant que nous pouvons souffrir et que tout doit être fait pour éviter cette souffrance pour les animaux de boucherie. Les conditions d'élevage dont vous parlez, les portées sans cesse renouvelées jusqu'à l'agonie..... Continuer à se battre,signer des pétitions, sensibiliser nos proches. Il y a tant à faire.

  • #3

    maryse (mercredi, 17 avril 2013 09:26)

    l'animal est comme nous la vie de la terre, l'amour sans condition, la pureté , en celà qu'il ne crée pas volontairement la souffrance comme le fait l'homme. Aimer et être aimé d'un chien (un des plus méprisés) est une source de bonheur immense . Lire la tendresse et la confiance dans les yeux d'un animal apporte une joie et une paix intérieure qui nous rend, je crois, moins égoïste. Dans quel monde vivrions (vivrons?) nous sans la présence animale?

  • #4

    anne (dimanche, 21 avril 2013 15:32)

    bravo pour ce texte malheureusement realité ,j ai reçu beaucoups de critiques aussi parceque j ai 4 loulous surtout pour mes 3 loulous venant d espagne !! mais je m en fou ,pour moi y a pas mieux comme meilleurs amis bien sur ils ne sont pas parfaits mais ont bien des qualités dont l etre humain de possede pas ......

  • #5

    Chantal 06 (lundi, 22 avril 2013 10:11)

    Dominique, je ne vous connais pas, mais il y a quelque chose qui nous réunit c'est l'amour des animaux. Dans notre Refuge dans le 06, nous avons recueilli une petite podenca "Abuela". NOus avons eu un feu et malheureusement 2 de nos séniors ont rejoint l'arc en ciel des animaux dont Abuela. Dans notre journal, j'ai écrit sur les sentiments que je resentais pour Abuela, symbole de la souffrance des animaux en Espagne.J'ai écrit dans le petit journal que l'on distribue à nos adhérents sur le martyr de ces pauvres Loulous, derrière les Pyrénées. Il faut que les gens sachent ce qui se passe en Espagne. J'ai moi-même 2 chiens. On me dit "vous habitez une maison avec 2 chiens" Alors je leur réponds méchamment. "Non un appartement, mais mes chiens reçoivent plein d'amour et je les promène après mon travail et le WE. Ils sont heureux. Le monde actuel est difficle et dûr. Seul l'amour des animaux nous apportent une paix intérieure.

  • #6

    Inès alglave (mardi, 14 janvier 2014 16:10)

    J ai anvieu de dresser mon chien mes je n'arrive pas et j ai 10 ans