Récit du voyage par Céline, notre vice-présidente 

Jour J-3

Allez hop ! Je quitte mon chez moi en direction de Bordeaux où je récupère Joana, la comportementaliste et trésorière de Galgos France qui rêve de ce voyage depuis ses deux adoptions et qui fait le trajet depuis les Ardennes pour l’occasion.

Je ne pars pas complètement sereine. Je m’occupe de Marek que j’ai récupéré après ses 5 semaines de cavale depuis le jour où il était arrivé chez ses adoptants lors du dernier voyage. Deux semaines qu’il est à la maison, qu’il ne sort pas de son panier, accepte difficilement une sortie hygiénique à la nuit tombée et hier, pour la première fois, il a pris du plaisir à renifler tous les coins du jardin : enfin ! Et je dois partir ! J’espère donc que ma fille ainée parviendra à s’en occuper.

Je retrouve donc Joana que je rencontre « en vrai » pour la première fois ! Je lui ai préparé une petite surprise : un détour à la pension du Mas Gascon à côté d'Agen pour rencontrer Marie-Ange qui s’occupe des loulous de Galgos France que nous ne parvenons pas à placer en famille d’accueil lorsque nous avons un retour (et oui, ça arrive !).  Or, chez Marie-Ange se trouve Uva. Une louloute qui fend le cœur de Joana, qui se démène depuis des semaines à trouver un accueil pour cette chienne que Marie-Ange dit adorable mais qui a un passé qui ne facilite pas son replacement. C’est donc pour nous l’occasion de faire un état des lieux pour trouver au plus vite un meilleur environnement de vie pour Uva. Les vacances chez Marie-Ange c’est top ; mais après toutes les vacances, on est heureux de rentrer pour retrouver son canapé et … c’est ce qui manque à Uva ! 

Ce n’est qu’en fin de journée que nous arrivons à Mazarin. Corinne, la présidente, nous a préparé nos lits et bien sûr, le camion est prêt à partir. Toutes les cages sont montées et arrimées, prêtes à accueillir les 15 chiens que nous allons chercher. 

 

Jour J-2 : le trajet aller

5 heures du matin le vendredi 27 octobre, Anny arrive à Mazarin après avoir déjà parcouru 2 h 30 de route. Elle sait se contenter de peu de sommeil ! Elle a été retardée car elle a rencontré un petit agneau sur le bord de la route à côté de chez elle en partant ! Au milieu de la nuit, il n’y a qu’à elle que ça arrive ! Du coup, elle n’allait pas le laisser là… alors elle l’a ramené chez elle pour le mettre à l’abri. Et a donc pris un peu de retard. Ce n’était pas une excuse bidon : elle a même pris une photo pour nous le prouver !! 

Finalement nous partons à 6 h après que Joana ait fait un malaise au lever ! Ah ah !! La petite jeune veut déjà se faire chouchouter !! C’est donc moi qui prends le volant en premier : ça tombe bien, c’est la route vers chez moi donc, je la connais…

Le temps étant au beau fixe, nous décidons de ne pas passer par Bayonne et Irun pour traverser la frontière mais de passer plus à l’est, au Col du Somport. Moins de kilomètres et surtout pas de péage mais route que nous ne pouvons pas emprunter en hiver à cause de la neige, ni bien sûr au retour de notre périple lorsque nous avons des chiens à l’arrière. (ça tourne un peu quand même !).  Le ciel s’éclaircit au moment où nous approchons des Pyrénées et nous profitons ainsi de paysages splendides ! Puis c’est l’Espagne qui déroule ses mornes plaines arides parsemées d’immenses fermes porcines…

La route est longue mais sous le soleil et sans encombre. Et trois déléguées Galgos France, ça parle, ça parle !! On expose des idées, on réfléchit à d’autres, on parlemente, on essaie de convaincre, une association c’est une petite entreprise ! Pour faire adopter nos petits protégés espagnols, il faut faire connaître Galgos France, la cause des lévriers bien sûr mais aussi celles des podencos et autre croisés qui bénéficient de moins d’attention.  En résumé, nous n’avons pas manqué de sujets de conversation !  

Nous sommes arrivés à l’appartement que nous louons à une sympathisante de Cuencanimal vers 18 h30. Pas de temps de traîner car Veronica et Maria-Jose, les employées du refuge, viennent nous chercher à 20 h. Direction la vieille ville de Cuenca ! Nous y retrouvons La Moya et Maria qui va nous servir de guide touristique. Quel beau cadeau pour ma deuxième visite à Cuenca et le premier voyage de Joana ! En plus Maria connaît très bien la ville, ses recoins et son histoire, et nous fait profiter de toutes ses connaissances. Découvrir cette ville, inscrite au Patrimoine Universel de l’Unesco n’est pas sans rappeler à Anny et moi quelques souvenirs de nos études de tourisme ! 

La visite se termine avec notre dîner au restaurant. Comme à chacun de nos voyages, les employés et bénévoles mettent un point d’honneur à nous inviter et nous régaler ! Nous sommes rejoints par un bénévole qui se charge entre autres de prendre de superbes photos des pensionnaires afin de donner à vous autres, adoptants, l’envie de porter votre regard sur l’un d’entre eux en trouvant le meilleur moyen de les mettre en valeur pour vous toucher en  plein cœur ! C’est lui qui un beau jour a évitér de justesse une petite chienne qui se jetait sous ses roues : il l’a recueillie, amenée au refuge et appelée « Petit Sophie » car sa fille s’appelle Sophie ! Et demain, sa protégée prendra le camion de l’espoir pour  rejoindre sa famille pour la vie à côté de Bordeaux !  

Evidemment, ce dîner est l’occasion de parler de la vie au refuge et de Galgos France : 

Nous apprenons ainsi l’histoire de ce pauvre Perseo pour lequel plusieurs associations se sont regroupées afin de collecter les fonds nécessaires à son opération (vous trouverez son histoire dans le blog ICI)

Nous prenons des nouvelles de certains pensionnaires, à la demande de nos déléguées (qui ont souvent leur(s) petit(s) coup(s) de cœur on l’avoue) : Amaia pour laquelle nous ne parvenons pas à trouver SA famille qu’elle mérite tant, Galéna qui est encore en confinement après s’être cassée la patte tant elle était arrivée maigre au refuge (cf le sauvetage de Vania, Galena, Eileen et Halia, nos 4 rescapées)…etc…

Nous abordons aussi les quelques « couacs » qui compliquent la vie d’Anne-Marie et Laure, nos responsables adoption. Ainsi une personne vivant en ville avait craqué sur une chienne à l’adoption sur notre site. Mais il s’est avéré qu’elle n’était pas prête car elle n’accepte pas la laisse ! Une information primordiale pour nous ! Nous le savons, ces chiens n’ont pas appris à marcher en laisse pour la plupart et il y a tant à faire au refuge qu’elles manquent de temps pour travailler avec chacun d’entre eux. 

A ce sujet nous leur soumettons la possibilité de faire venir quelques galgos ou galgas en famille d’accueil en France afin de finir de les mettre en confiance et de les habituer à être en laisse notamment. 

Puis, il y eut cette séquence émotion où nous leur montrons le calendrier 2018 avec les photos de nombreux de leurs petits protégés : quel bonheur sur leur visage ! Voir tous ces chiens heureux dans leur nouvelle vie les aide à se motiver dans les moments de découragement ou de fatigue devant tant d’horreurs ! 

Nous pourrions rester ainsi des heures mais il se fait déjà bien tard et demain c’est une nouvelle journée de labeur qui attend Maria-Jose et Veronica au refuge. 

Jour J-1 :  Les refuges

Je retrouve avec plaisir ce beau refuge de Cuenca au milieu des pins. Il fait doux par cette belle journée ensoleillée. Maria-Jose s’affaire au nettoyage avec quelques bénévoles venus aider en ce samedi matin (une aide si précieuse !). C’est donc Veronica qui s’occupe de nous faire la visite des patios où les chiens se retrouvent ensemble tous les matins, le temps de nettoyer tous les enclos. 

Je retrouve Nube, jeune galga d’à peine 1 an, que j’avais vue fin juin terrorisée alors qu’elle venait d’être capturée. Elle reste encore très craintive envers l’humain mais progresse lentement. Elle n’est donc pas encore à l’adoption. 

 

Egalement Kibo, splendide perrigalgo avec lequel j’avais joué à la balle. 

Anny n’en revient pas de voir Lucho métamorphosé ! Ca y est ! Il se laisse enfin approcher et elle peut le caresser. « Tu te rends compte, c’est Lucho ! C’est incroyable ». Lui non plus évidemment n’est pas encore prêt mais nous sentons tous que cela viendra un jour ! 

Tout à coup, il y a Figa ! Le coup de cœur de Joana, la sœur de son chien qu’elle aurait tant aimée adopter… A ce moment précis, nous perdons totalement Joana ! Il n’y a plus d’autres chiens dans l’enclos. Il y en a bien d’autres qui tentent de s’approcher pour glaner des papouilles, mais Joana n’a de mains, de regards que pour Figa. Je pense bien que Figa est la principale raison qui a poussé Joana à faire la longue route depuis les Ardennes jusqu’à Cuenca ! Bon, on s’est gardé de le dire aux filles du refuge !!

De mon côté, je prends des notes :  sur celui-ci, sur celui-là, et celui-ci aussi ! 

Impossible de mettre toutes les fiches des chiens à jour tout le temps d’où parfois la perte d’information. Les heures sont passées au refuge auprès de chiens, pas devant un ordinateur à mettre à jour les descriptifs de chacun d’entre eux. Ca, c’est après, sur leur temps libre ! C’est la raison pour laquelle lorsqu’un adoptant est intéressé par tel ou tel chien, nous demandons systématiquement des informations au refuge. 

Donc,  je prends des notes sur les urgences, les petits bouts qui n’attendent qu’un panier douillet, les petits vieux qui voudraient bien connaître autre chose que la vie au refuge tant ils sont sympas et tous les autres dont on se demande « Mais, pourquoi il est là, celui-ci ?? ». 

C’est alors qu’en pleine séance de papouilles une petite crevette vient s’installer dans mes jambes et glisser son museau pour attirer mon attention. Pas de doute, c’est lui : Doti !  Il nous avait bien fait rigoler à s’endormir sur nos genoux en juin. Et bien revoilà notre petit podenco pot de colle. Il n’a pas deux ans et cherche désespérément à devenir le bébé de quelqu’un pour le couvrir d’amour ! 

Le temps passe bien trop vite auprès de tous ces chiens que nous souhaiterions tous ramener. Il est déjà l’heure de charger nos petits protégés. Cette fois-ci encore, Galgos France n’offrira pas une vie meilleure qu’à des galgos mais aussi à des podencos et des croisés. C’est un bel assortiment ! 

 

Nous quittons Cuenca vers 16 h. Nous savons que nous changeons d’heure dans la nuit et nous nous sommes donc permis de rester un peu plus longtemps. 

Les 5 heures de route qui nous séparent de Zaragoza se font facilement. Les chiens sont tous très calmes. 

Nous passons toujours moins de temps à Zaragoza malheureusement. De plus, en cette saison nous arrivons à la nuit tombée et ne pouvons donc pas rencontrer les chiens. Le refuge d’Adpca étant également soutenu par une autre association allemande, ce sont les galgos et les podencos que nous diffusons pour eux. Et bien sûr à leur demande d’autres chiens pour lequels ils sollicitent notre aide. Et justement, cette semaine, ils ont récupéré un spécimen XXL en la personne d’un beau mastin nommé Pancho ! Alors, qui veut un gros nounours ?? 

 

Comme à l’accoutumée, nous discutons autour du buffet froid qu’elles nous préparent à chacun de nos passages. Elles nous racontent les inondations auxquelles elles ont dû faire face dans le passé et qui les menacent à chaque saison hivernale. Le refuge doit déménager et les travaux sont en cours mais toutes les autorisations prennent énormément de temps sans parler du coût de ces énormes travaux. Il faut donc espérer que l’hiver sera clément cette année… 

23 h : l’heure de reprendre la route pour arriver avant 8h à Mazarin où nous savons que nous sommes attendues avec impatience par les délégués de Galgos France, bien sûr mais aussi et surtout par les adoptants qui ont fait la route pour venir chercher leur nouveau compagnon !

 

Jour J : Ils sont là !!   

Bien sûr tous les adoptants n’ont pas fait la route cette fois-ci car beaucoup habitent trop loin. Mais nous avons tout de même des adoptants motivés qui n’auraient pas manqué ça ! Les adoptants de Juancar viennent de Niort, de Narbonne pour Suli. L’adoptante de Caramelo a fait la route depuis Saint-Etienne car la miss est très très craintive. L’adoptant de Saso est venu aussi depuis l’Hérault pour rencontrer son beau galgo !

Après que les papattes se soient défoulées, nos loulous partent avec leur famille ou la rejoindre. 

Cette fois-ci encore une belle solidarité se met en place avec les adoptants présents qui remontent d’autres copains : Juancar part avec Zacha et Enam dont l’adoptante prendra aussi Zacha pour la rapprocher de sa maîtresse. Caramelo amène son copain Bertillo qui a passé tant d’années au refuge et va enfin pouvoir profiter de belles balades dans les Alpes. Saso part avec Alvaro qui se sépare de son frère Juancar après avoir passé le trajet collés l’un contre l’autre à travers leurs cages.  Merci à Danie qui a ensuite rapproché Alvaro de son adoptante qui venait de Grenoble jusqu’à Montpellier pour récupérer son bébé pod !  Quant à Coro, il part aussi avec Neko vers Bordeaux accompagné d’une de nos délégués.

Et bien sûr je n’oublie pas notre bénévole Véronique qui avec son amie co-pilote a de nouveau fait la route jusqu’à Brive pour y déposer Tanguy  dont l’adoptante venait de Moulins. Cette dernière a également pris en charge Morita que nous remontions en famille d’accueil pour lui éviter de passer l’hiver dans le froid. Et finalement Morita a très vite trouvé sa famille pour la vie qui n’a pas hésité à adopter cette petite croisée atteinte de leishmaniose. 

La Petite Sophie sera la dernière à retrouver sa famille. En vacances à l’étranger, ils viendront la chercher la semaine suivante chez notre déléguée Catherine qui a accepté de s’en occuper ces quelques jours.

Mission accomplie : 15 de nos petits protégés espagnols partent pour une nouvelle vie. Qu’elle soit longue et douce pour vous tous ! 

Merci aux adoptants qui ont accepté d’adopter un chien qu’ils n’ont découvert qu’à leur arrivée et qui auront la patience de les laisser s’adapter à leur nouvelle vie. 

Toutes les photos du récit ICI